Comment les infrastructures de données spatiales évoluent-elles au Canada?

November 16, 2018 Simone Khan

L’objectif ultime d’une infrastructure de données spatiales (IDS) consiste à permettre l’échange de données géospatiales entre des systèmes d’information géographique (SIG). Pour que cet échange de données soit possible, il faut s’appuyer sur des technologies. Au fur et à mesure que celles-ci s’amélioreront avec les années, les IDS devraient elles-mêmes évoluer au point où l’échange de données devient vraiment efficace, sans faille et transparent. L’Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG) a évolué au fil du temps, et certains de ces progrès sont attribuables aux améliorations technologiques. Lisez ce blogue pour découvrir comment la technologie aide les professionnels de la géospatiale à améliorer l’échange de données.

J’ai récemment assisté à la conférence GeoAlberta, à Edmonton, à l’occasion de laquelle j’ai d’ailleurs donné une présentation. À la conférence, j’ai trouvé intéressant de découvrir un point de vue légèrement différent sur les activités géomatiques au Canada. Conférencier de renom à l’occasion de GeoAlberta et également cofondateur et vice-président de Safe Software, Dale Lutz a donné une présentation très intéressante intitulée « Des disquettes aux lacs de données ».

Au cours de sa présentation, Dale a montré une vieille photo de lui (probablement de l’époque où il était à l’université) en train d’utiliser une machine à perforer. J’étais assis à côté d’un collègue d’une quarantaine d’années, et je lui ai demandé s’il savait quel type de machine Dale utilisait sur la photo. Mon collègue a regardé la photo de près et m’a confié qu’il n’en avait aucune idée. Ce qui n’a rien de surprenant, puisque ce type de machine à perforer est obsolète depuis des décennies.

Dale a également montré des photos d’autres produits anciens ou obsolètes, tels que des cassettes 9 pistes, des disquettes, des CD et des disques Blu-ray, qui étaient tous à la fine pointe de la technologie en matière de stockage à une certaine époque. Cela m’a fait penser à la vitesse à laquelle la « technologie ultramoderne » peut disparaître complètement de l’usage grâce à l’innovation.

La plupart des supports de stockage sur disque de nouvelle génération ont complètement remplacé la technologie précédente. Par exemple, les disquettes ont été remplacées par des CD-ROM, qui eux-mêmes ont été remplacés par des clés USB. À l’heure actuelle, les disques électroniques (SSD) sont en train de déclasser rapidement la technologie de stockage magnétique rotatif.

Toutefois, l’innovation des IDS se produit d’une manière légèrement différente de celle du stockage informatique. La technologie des IDS est principalement basée sur le matériel réseau, dont les performances se sont considérablement améliorées au cours de la dernière décennie. Contrairement à la technologie de stockage, celle des IDS n’a connu qu’une migration ou une mise à niveau vers une technologie plus récente plutôt qu’une révision complète. En réseautique, les nouvelles technologies sont souvent rétrocompatibles avec les systèmes existants, ce qui a permis de maintenir l’interopérabilité malgré la modernisation.

Comprendre l’évolution des IDS

Au cours des dernières décennies, les IDS ont connu plusieurs étapes d’évolution : bureau, réseau, web et entreprise pour devenir enfin des IDS hétérogènes.

Voici une diapositive de ma présentation sur l’évolution des IDS à la conférence GeoAlberta. Les IDS ont été conçues à l’époque où la plupart des utilisateurs de SIG utilisaient des systèmes de bureau. Cependant, les pionniers des SIG, comme Roger Tomlinson, utilisaient probablement la technologie des machines à perforer dans les années 1960, car les ordinateurs de bureau n’étaient pas encore disponibles.

Alors, quelle est cette évolution des IDS? Lorsque les réseaux informatiques tels qu’Ethernet ont été mis au point, ils ont permis aux ordinateurs d’échanger des données par voie électronique. Ensuite, avec le développement d’Internet et du web dans les années 1990, les utilisateurs ont pu échanger des données géospatiales entre des systèmes et dans le monde entier. À l’heure actuelle, les IDS d’entreprise permettent un partage efficace et efficient des données géospatiales au sein d’une entreprise, qu’il s’agisse d’une petite entreprise, d’une multinationale ou d’un organisme gouvernemental. Au fur et à mesure que nous progressons, nous cherchons à développer une IDS totalement hétérogène qui permettra le partage de données sans problèmes d’interopérabilité avec les utilisateurs du monde entier. Un projet encore au stade embryonnaire, mais en cours d’élaboration.

À chaque étape d’évolution des IDS, un certain nombre de composants doivent être pris en compte. En voici quelques exemples :

  • Données – les données géospatiales et les métadonnées connexes qui peuvent être utilisées et qui sont accessibles aux fins d’utilisation dans l’IDS.
  • Politiques – celles-ci sont établies par l’organisation ou dans le cadre d’un accord de coopération avec d’autres participants dans l’IDS.
  • Applications – les programmes qui ont été mis au point pour les utilisateurs et qui sont à la base du développement de l’IDS.
  • Gouvernance – une méthode formelle ou informelle utilisée pour exploiter et maintenir les systèmes, les données, les applications et les ressources dans l’IDS.
  • Normes – principalement les normes techniques utilisées pour contrôler les données, les services et les applications qui sont interopérables dans l’IDS.
  • Utilisateurs – clients finaux de l’IDS.

Ce tableau indique les composants jugés importants pour la mise en œuvre des différents types d’IDS.

Alors que la plupart des organisations en sont actuellement à l’étape « web » dans le développement de leur IDS, de nombreuses organisations avant-gardistes mettent en œuvre des IDS d’entreprise. Ces dernières permettront à tous les services et utilisateurs internes de données géospatiales de partager facilement des cartes, du contenu, des analyses, des solutions et des outils. Par exemple, les services de police, de travaux publics, de transport et de planification dans une IDS d’entreprise municipale travailleraient tous à partir des mêmes données et solutions géographiques de base.

L’élaboration et la mise en œuvre d’IDS deviennent de plus en plus courantes à mesure que la technologie s’améliore. Chaque IDS doit être interopérable avec d’autres IDS pour être utile aux utilisateurs internes et externes. La transition d’une étape de l’évolution des IDS à une autre peut être gérée de manière à minimiser les perturbations, à maintenir et à améliorer les services, à fournir des capacités supplémentaires aux utilisateurs, à améliorer l’efficacité et à réduire les coûts.

Même si beaucoup a déjà été fait pour amener les IDS à leur état actuel, il reste encore beaucoup à faire pour rendre les IDS hétérogènes accessibles et interopérables au Canada et dans le monde entier.

Ce billet a été écrit en anglais par Gordon Plunkett et peut être consulté ici.

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