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Le défi de l’urbanisme en est un d’emplacement

Il est particulièrement important que les administrations municipales s’appuient sur des analyses de données et d’emplacement pour prendre des décisions plus éclairées, de sorte qu’elles puissent atteindre leurs objectifs en matière de logement. La visualisation et la communication des résultats d’analyses de données aident à évaluer les risques futurs et les effets du changement climatique. Grâce à ces outils, les villes peuvent adopter des approches d’urbanisme axées sur la résilience qui favorisent la biodiversité, le potentiel piétonnier et l’habitabilité générale des communautés à venir.

Au Canada, la convergence de la croissance démographique, de l’immigration et de la pénurie de logements qui touche les grands et les petits centres urbains constitue un dilemme critique pour les urbanistes. Dans les grandes villes, où la densité de population est prononcée, l’abordabilité des logements reste un problème persistant. Et le coût des loyers ne fait qu’ajouter à la pression et aux difficultés financières des gens.

Pour traiter le problème du logement dans l’immédiat, les urbanistes explorent des solutions à court terme, notamment l’accélération des processus d’approbation et la réaffectation des espaces sous-utilisés. Toutefois, il faut une bonne dose de mûre réflexion avant d’appliquer ces avenues pour s’assurer que les mesures prises cadrent avec les objectifs urbanistiques de l’administration municipale, plutôt que de saccager les plans déjà établis pour le long terme. Une approche holistique et collaborative commande une coordination étroite des efforts de la part des décideurs politiques, des urbanistes, des responsables de l’aménagement des infrastructures, des experts en environnement et des parties prenantes de la communauté.

Une telle approche devrait intégrer une conception urbaine qui tienne compte des occasions que présentent les terrains intercalaires, lesquels aideraient à faire face à l’augmentation de la population et de la densité d’occupation, à condition que l’incidence sur l’environnement ne soit pas mise de côté. En déterminant quels terrains intercalaires sont propres au développement, les urbanistes peuvent optimiser l’utilisation des sols, atténuer l’incidence environnementale et garantir une utilisation efficace des infrastructures existantes.

Les technologies commerciales comme les SIG (système d’information géographique) aident les urbanistes à répondre rapidement à ces questions. Dans le cadre d’un récent projet de recherche pour une ville de l’est du Canada, nos équipes ont constaté que le rezonage, le déplacement des personnes et la restauration écologique constitueraient des solutions de rechange appropriées, plutôt que de poursuivre le développement commercial et résidentiel prévu d’une zone inondable à risque. En même temps, le rezonage offre la possibilité d’exploiter des zones commerciales sous-utilisées et de les affecter à des usages mixtes qui permettraient d’accueillir ces résidences et emplois déplacés, entre autres choses. En outre, la densification de ces zones augmenterait la valeur globale des terrains et le potentiel de recettes fiscales. Cela compenserait les coûts d’amélioration d’infrastructures comme celles qui sont affectées à la gestion des eaux pluviales sous forme de fossés végétalisés utilisés pour intercepter le ruissellement supplémentaire généré par les surfaces imperméables, comme les routes et les trottoirs élargis. Il n’a fallu qu’un mois pour parvenir à cette recommandation.

Fondamentalement, l’application d’une approche SIG à l’aménagement fournit un processus unique centré sur les données pour atteindre les objectifs que nous avons décrits ci-dessus. Un SIG organise les données d’urbanisme en vue de faciliter la gestion de l’information. Il offre une occasion unique d’intégrer la manière dont l’information est saisie, gérée, visualisée, analysée et partagée. Nous le considérons comme un cadre idéal pour créer un modèle à l’échelle du monde réel – un jumeau numérique – où chaque couche d’information est cartographiée et intégrée en fonction de son emplacement. Ce faisant, un SIG offre une vue opérationnelle commune de plusieurs sources de données unifiées par la géographie, ce qui permet en fin de compte de prendre de meilleures décisions.

Pourquoi utiliser un cadre géographique?

Un SIG est un excellent cadre pour l’aménagement, l’évaluation des risques et la collaboration pour les raisons suivantes :

  • 80 % des données ont une composante spatiale et 65 % des personnes sont des penseurs visuels.
  • Un SIG permet de comprendre les données complexes en utilisant les relations spatiales.
  • Il permet à chacun de tirer parti de la localisation en tant qu’intégratrice de données inhérente, puisqu’il s’agit du dénominateur commun à tous les actifs.
  • La cartographie peut être consultée en ligne et en temps réel, ce qui constitue une capacité de visualisation supérieure à celle des graphiques, des tableaux et des fichiers PDF.
  • De nombreux services municipaux, y compris les services d’urbanisme et les services publics, disposent déjà d’un SIG. L’intégration des données favorise la transparence et la collaboration, et elle simplifie la production de rapports destinés à d’autres organismes publics.

Couches d’information représentatives d’une zone géographique précise

Même si notre aménagement urbain prend en compte les effets du zonage sur la densité de la population, y compris les effets sur la population diurne et la circulation, il ne faut pas oublier la profonde incidence de l’aménagement des infrastructures souterraines. Lorsqu’il s’agit d’actifs et de services liés à l’eau, la nécessité d’une analyse doit être sérieusement prise en compte : Quelle est l’infrastructure existante en dessous? Le réseau d’eau actuel a-t-il la pression nécessaire pour assurer la sécurité incendie? Est-il nécessaire d’améliorer l’infrastructure existante, c’est-à-dire de supprimer les débordements des égouts unitaires? Existe-t-il d’autres services publics importants qui nécessitent une coordination pour le projet envisagé?

En outre, les partenaires de développement devront prendre en compte les éléments suivants : Les eaux de ruissellement imperméables vont-elles aggraver la situation dans la zone de développement actuelle? Quel est le coût global des modifications apportées à l’infrastructure dans le cadre du projet envisagé? Quel scénario du projet proposé présente le moins de risques?

Exemple de modèle intégrant plusieurs couches d’information pour déterminer les effets

Aménagement holistique avec des couches d’information

Un SIG traite chaque variable comme une couche d’information, ce qui favorise une approche holistique de l’aménagement urbain. La possibilité d’introduire des modèles augmente les capacités d’analyse pour de multiples scénarios, tandis que les fonctions de visualisation permettent aux parties prenantes de comprendre clairement l’incidence des changements proposés.

Pensez à la valeur d’une simple communication de l’état d’avancement du projet, comme le fait la visionneuse d’infrastructures Toronto INview. Celle-ci superpose les programmes des services de transport, de l’eau, du développement économique, des parcs, etc., dans un SIG, de sorte que les parties prenantes d’un projet, les promoteurs privés et le public puissent avoir accès à la plus récente information sur ce qui se passe dans n’importe quelle zone de la ville. En outre, les partenaires peuvent utiliser leurs propres données et les renseignements urbanistiques sur la plateforme commune aux fins de collaboration.