La relation entre les SIG et la protection de l’environnement marin

July 6, 2020

Danielle Derrick, candidate à la maîtrise en biologie à l’Université Simon Fraser et étudiante associée aux Centres d’excellence en SIG d’Esri Canada, s’exprimera à l’UC d’Esri qui aura lieu le 16 juillet, dans le cadre du Forum des SIG appliqués aux océans, à la météo et au climat. Lisez ses propos sur ses recherches utilisant les SIG pour étudier la biodiversité des requins, des raies et des chimères.

Il y a un mois, Danielle Derrick a publié un billet de blogue (ci-dessous) sur le site web des Centres d’excellence en SIG d’Esri Canada. Elle y décrit ses recherches utilisant les SIG pour étudier la biodiversité des requins, des raies et des chimères. Son enthousiasme et son intérêt envers l’application de la technologie SIG à ses recherches en biologie marine ont été reconnus à l’Université Simon Fraser, et lui ont valu d’être nommée candidate à la bourse d’études en SIG d’Esri Canada. Après avoir publié son article sur le site web des Centres d’excellence d’Esri Canada, Danielle a été invitée par Dawn Wright, scientifique en chef d’Esri, à s’exprimer lors du Forum des SIG appliqués aux océans, à la météo et au climat. Lisez ce billet ci-dessous pour savoir comment elle examine à l’aide de la technologie SIG les multiples mesures de la biodiversité des requins, des raies et des chimères, puis inscrivez-vous à la UC d’Esri et participez au forum en direct qui se tiendra le 16 juillet pour avoir la chance de l’entendre parler, ainsi que d’autres collègues chercheurs et scientifiques.

Ce billet a été écrit en anglais par Michael Leahy et peut être consulté ici.


Par Danielle Derrick
Candidate à la maîtrise en biologie, Université Simon Fraser

Il est fascinant de voir le monde diversifié de l’écologie, de la conservation et des sciences marines s’insinuer dans chaque créneau en expansion de la recherche spatiale. Je vois et lis maintenant plus souvent les nouvelles voies passionnantes que la conservation et les SIG empruntent pour les espèces, les écosystèmes et les pays. La conservation est une bataille constante, et il est encore plus difficile de savoir où concentrer nos efforts. Nous sommes submergés par les tristes histoires de surpêche, d’eaux polluées et d’espèces menacées. Mais la conservation nous réserve quand même quelques lueurs d’espoir qui deviennent de plus en plus brillantes. Pensons au rétablissement remarquable des baleines à bosse, autrefois menacées en raison de la chasse abusive. Pensons aussi au plus grand nombre d’aires marines protégées et aux pratiques de pêche durable, qui sont de plus en plus prépondérantes. L’apport de mes recherches est quelque peu abstrait par rapport au récit que je viens de vous faire. J’essaie de comprendre les processus évolutifs et écologiques conduisant à la répartition des espèces dans le domaine marin. J’utilise les chondrichtyens (requins, raies et chimères; ci-après dénommés requins et raies) comme système d’étude, parce qu’un quart de tous les requins et de toutes les raies sont menacés uniquement en raison de leur taille et de leur exposition à la pêche. Une grande partie de mes recherches nous aide à comprendre pourquoi les espèces sont là où elles sont. Cependant, mon travail peut aussi parfois avoir des incidences positives en matière de conservation. Pour expliquer, nous devons commencer par le début...

Nous avons tendance à concentrer nos efforts de conservation sur les zones où nous savons qu’il y a un grand nombre d’espèces; c’est ce qu’on appelle la richesse des espèces. Toutefois, il existe d’autres mesures sur lesquelles nous pouvons fonder nos décisions en matière de conservation. Par exemple, nous pouvons nous concentrer sur les zones où il y a un grand nombre d’espèces menacées, les zones où l’on sait que les espèces ne se trouvent que dans un petit nombre d’endroits (c’est-à-dire endémiques), ou les zones où les espèces englobent une grande fraction de l’histoire évolutive d’une lignée (c’est-à-dire des espèces distinctes sur le plan de l’évolution). Il peut être difficile de prendre les bonnes décisions en matière de gestion de la conservation lorsque l’objectif global est quelque peu flou et que les options sont infinies. Les objectifs d’Aichi 2020 en matière de biodiversité, qui visent à conserver 10 % des zones côtières et marines, viennent d’être adoptés, et les objectifs de 2030 visent à protéger 30 % des zones terrestres et maritimes. Cela m’offre une occasion unique de contribuer aux objectifs de 2030. Je peux le faire en identifiant les zones où nous pouvons protéger une combinaison du plus grand nombre d’espèces pour chaque mesure de la richesse en espèces et des espèces menacées, endémiques et évolutives distinctes. C’est-à-dire que nous pouvons déterminer où ces zones de chevauchement se trouvent dans l’environnement spatial. De plus, nous pouvons explorer l’effet de la résolution spatiale sur notre capacité à identifier les zones de congruence.

En bref (vous pouvez lire l’affiche liée ci-dessous pour plus de détails), j’ai pu déterminer que 2 % (936 469 km2) des zones étaient congruentes pour ce qui est des quatre mesures (richesse, endémicité, menace et évolution distincte). La résolution spatiale croissante capturera inévitablement une plus grande proportion de mesures de la biodiversité. Mais la portée de cette croissance demeure relativement faible, et les emplacements de congruence se déplacent à mesure que cette résolution change. Par conséquent, comprendre comment la répartition des espèces change dans l’espace peut donner un aperçu de l’effet qu’exercent les différents facteurs locaux, environnementaux et évolutifs sur les différences de répartition dans les mesures de biodiversité. En outre, le fait de concentrer les efforts de conservation sur les zones riches en espèces risque fort de faire oublier par inadvertance d’autres dimensions souhaitables de la biodiversité, telles que l’endémicité ou la spécificité évolutive. Le point positif est que ces zones de congruence identifiées soulignent le manque de similitudes dans la répartition spatiale par mesure de la biodiversité et pourraient fournir une perspective informative sur les domaines dans lesquels les gestionnaires pourraient concentrer leurs efforts pour la conservation de la biodiversité des requins et des raies, particulièrement en vue de se préparer à poursuivre les objectifs de Kunming pour 2030.

En conclusion, rien ne m’a rendue plus heureuse que de voir le rôle de plus en plus essentiel des SIG comme piliers de décision en matière de gestion de la conservation. En fin de compte, les SIG fournissent un bien plus grand nombre de données sur lesquelles on peut fonder les décisions importantes, qui sont toujours si difficiles à cerner. Cette recherche m’a permis d’obtenir la bourse SIG de l’Université Simon Fraser pour l’enseignement supérieur en mars 2020. Vous pouvez voir l’affiche que j’ai créée pour la circonstance (dont vous voyez l’illustration ci-dessous). N’hésitez pas à me contacter pour toute question ou demande de renseignements. Le présent billet n’est que la partie émergée de l’iceberg de ce projet, et je suis certaine que j’orienterai résolument mon futur parcours du côté de la protection des environnements marins.

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