Le défi des données sur les transports
Les villes disposent des données. Ce qu’elles recherchent, c’est la clarté. Découvrez comment un échange de données fiable, soutenu par les SIG, aide les organismes de transport à obtenir enfin une vue d’ensemble complète de leurs réseaux routiers.
Demandez à n’importe quelle ville canadienne quels sont ses objectifs pour son réseau de transport, et vous obtiendrez la même réponse : réduire la congestion et améliorer la sécurité. En creusant un peu plus, elle évoquera l’impact majeur de la construction sur la circulation, l’encouragement à privilégier les transports en commun et le vélo plutôt que la voiture, ainsi que son programme « vision zéro » visant à éliminer les blessures et les décès sur les routes. Pourtant, de nombreuses villes connaissent aujourd’hui une congestion accrue et peinent à atteindre leurs objectifs « vision zéro ». Face au talent, à la détermination et aux investissements technologiques considérables du personnel des transports, pourquoi cette situation persiste-t-elle?
Beaucoup de données, pas assez de réponses
Les organismes de transport ont accès à une multitude de sources de données, comme des signaux, des caméras, des capteurs, des permis, des horaires de construction, des informations sur les incidents partagées par le public, en plus des données télématiques de véhicules connectés. Ces informations proviennent de bases internes, de fournisseurs qui collectent des données par caméras et capteurs, ainsi que d’autres intervenants qui analysent les données de millions de véhicules en vue d’extraire des renseignements comme les vitesses moyennes, les modèles origine-destination et les incidents de sécurité. Cependant, ces données sont souvent dans des formats différents, répartis sur des systèmes distincts et présentent parfois des incohérences.
Il est donc difficile d’obtenir une vue complète du réseau routier, que ce soit dans le passé, le présent ou l’avenir. L’intégration de ces données prend entre 12 et 18 mois. Et, face à la multitude d’options disponibles, comment choisir les sources les plus pertinentes pour se procurer les informations nécessaires? Pourtant, la pression pour gérer les infrastructures routières de manière plus efficace ne cesse d’augmenter.
Pourquoi les partenariats à eux seuls ne suffisent pas
De nombreux fournisseurs spécialisés sont bien conscients des difficultés liées à la création d’une vue intégrée du réseau routier. En réponse, ils ont formé des partenariats. Par exemple, Kapsch TrafficCom s’est associée à TomTom, partenaire mondial d’Esri, pour améliorer ses solutions de gestion du trafic en combinant ses propres données avec celles de l’autre entreprise, issues de millions de véhicules connectés. Le résultat : une optimisation de la synchronisation des feux de circulation, corrélée avec la vitesse des véhicules et le temps de parcours. D’autres partenariats permettent de combler d’autres zones aveugles. Toutefois, les fournisseurs associés restent déconnectés des données des autres intervenants ou des bases internes des villes, comme celles régissant les zones de construction, où un entrepreneur peut également gérer les feux de signalisation.
Qui possède le jumeau numérique?
Les villes intègrent de plus en plus de données provenant de tiers. Il est donc essentiel qu’elles restent propriétaires et gestionnaires de la représentation numérique de leur réseau routier, afin d’éviter de se retrouver avec un ensemble disparate de jeux de données géré par divers intervenants. Grâce à un jumeau numérique officiel, les villes contrôlent le moment des mises à jour, comme celles concernant les fermetures de voies, ce qui permet à des applications de cartographie telles que Google Maps de rediriger des milliers de véhicules. Pour établir un tel jumeau numérique, les villes doivent non seulement agréger et intégrer leurs propres sources de données, mais aussi structurer les données des fournisseurs.
Un échange de données fiable
La solution aux deux défis (les ensembles de données fragmentés et la nécessité pour la ville de continuer à posséder et à gérer son jumeau numérique) réside dans un système d’échange de données fiable. Plutôt que de demander à chaque organisme de créer des intégrations avec tous les fournisseurs ou de s’appuyer sur des partenariats entre fournisseurs, il faut mettre en place une couche d’échange partagée qui agrégera, normalisera, validera et corrélera les données provenant de diverses sources. Chaque organisme conserve la propriété et la gestion de ses propres données et de son réseau routier, tandis que les fournisseurs partagent leurs données avec eux par l’intermédiaire de cet échange.
Pourquoi les SIG?
Les systèmes d’information géographique (SIG) s’avèrent particulièrement adaptés à cet échange. Les gouvernements les utilisent depuis des décennies afin de gérer leurs données spatiales représentant la réalité du monde. En fait, de nombreux organismes de transport suivent par SIG les caractéristiques essentielles de leurs routes et autoroutes, telles que leur emplacement, leur composition et leurs besoins en entretien. ArcGIS, la technologie SIG d’Esri Canada, ne prend pas le contrôle des données des organismes, mais met à leur disposition un ensemble d’outils leur permettant de maintenir leur propre jumeau numérique officiel du réseau routier. Autrement dit, ArcGIS se positionne idéalement en tant que plateforme neutre vis-à-vis des fournisseurs pour l’échange de données routières, étant déjà la plateforme géospatiale d’entreprise utilisée par la majorité des villes au Canada.
Comment fonctionne TGX
Le Transportation GeoXchange® (TGX) est la mise en œuvre par Esri Canada d’ArcGIS pour les organismes de transport qui ont besoin d’un jumeau numérique unifié, complet et standardisé de leur réseau routier, incluant toutes les sources de données internes et de tiers requises. Par exemple, pour aider les villes à mieux gérer les fermetures de voies, le TGX extrait des données de la base de données des permis de fermeture de voies de la ville, des fermetures de voies en temps réel détectées par des caméras sur les véhicules (comme celles de Raven Connected), des rapports provenant de la foule sur Waze, et des analyses de trafic de TomTom. TGX intègre, valide et croise tous ces ensembles de données pour générer des informations claires et utiles, comme l’identification des voies fermées par un entrepreneur sans permis.
Travailler ensemble à la sécurité des routes
Sans une vue d’ensemble des ralentissements et des dangers, la gestion de la circulation et de la sécurité routières se fait à l’aveugle. Les données existent, mais elles doivent être intégrées de manière évolutive et sans ingérence des fournisseurs, afin que les organismes gardent le contrôle de leurs réseaux routiers. TGX, fondé sur ArcGIS, offre une solution gagnant-gagnant : les organismes obtiennent les informations nécessaires, et les fournisseurs bénéficient d’une utilisation accrue de leurs données. L’équipe des systèmes de transport intelligent d’Esri Canada serait ravie de discuter avec les organismes et les fournisseurs de la manière dont TGX peut contribuer à rendre les routes plus sûres et plus efficaces pour tous.
Ce billet a été écrit en anglais par Daniel Kligerman et peut être consulté ici.