Comprendre le passé : comment Brent Whitford utilise la technologie SIG pour étudier l’âge de pierre

May 25, 2016

Parmi les gagnants de la bourse d’études en SIG d’Esri Canada figure Brent Whitford, un étudiant en maîtrise d’archéologie de l’Université Trent. Découvrez la façon dont Brent utilise la technologie SIG dans ses recherches sur les établissements néolithiques.

Chaque année, les bourses d’études en SIG d’Esri Canada sont attribuées à des étudiants dans près de 60 collèges et universités du Canada. Les gagnants de cette année comprennent des étudiants en géographie, en géomatique, en SIG, en télédétection, en cartographie océanique, en foresterie, en sciences environnementales, en planification urbaine... et deux archéologues.

Brent Whitford étudie à la maîtrise d’anthropologie à l’Université Trent, à Peterborough, en Ontario. Il s’intéresse actuellement aux modèles d’établissement humains dans la vallée de la rivière Struma, en Bulgarie, au cours de la période néolithique (de 6200 à 4900 av. J.-C.). Comme j’ai toujours eu un grand intérêt pour l’archéologie, j’ai demandé à Brent par courriel de m’en dire plus sur ses recherches et sur la façon dont il utilise la technologie SIG.

Brent Whitford en plein travail sur un site de fouilles à Ilindentsi-Masovets, en Bulgarie.

KA : Pourquoi avez-vous choisi d’étudier en archéologie?

BW : Je me fascine depuis longtemps pour l’archéologie et pour la préhistoire humaine de manière plus générale. Je crois fermement que pour résoudre les problèmes contemporains, nous ferions mieux d’essayer de comprendre exactement ce qui nous a conduits où nous sommes actuellement. En d’autres termes, afin de comprendre parfaitement quelque chose, je crois qu’il est essentiel de comprendre ce qu’il y avait avant. L’archéologie (parmi d’autres disciplines) possède le potentiel permettant de découvrir le passé lointain, et c’est pourquoi, de mon point de vue, elle peut amener une meilleure compréhension du monde moderne.

J’ai obtenu mon diplôme de premier cycle – baccalauréat ès arts avec une majeure en anthropologie avec distinction à l’Université de Vancouver Island. J’ai choisi le programme d’anthropologie de l’Université Trent parce qu’il est axé sur les recherches, et également en raison de mon superviseur, le professeur James Conolly, qui se spécialise dans les applications de SIG en archéologie.

KA : Quand avez-vous commencé à utiliser la technologie SIG, et pourquoi?

BW : J’ai commencé à utiliser activement les SIG au cours de la troisième année de mon baccalauréat. Toutefois, j’ai pris connaissance de leurs applications à l’archéologie en lisant le manuel d’introduction Archaeology: Theories, Methods, and Practice de Colin Renfrew et Paul Bahn, avant d’entrer à l’université. J’ai tout de suite été conscient de la valeur que représentait l’application des SIG à l’archéologie, et j’ai continué sur ma lancée pendant toute la durée de mon baccalauréat. De plus, bénéficier d’une formation et d’une éducation en SIG constitue généralement une ressource précieuse pour trouver un emploi dans de nombreux domaines (un atout supplémentaire), et pas seulement en archéologie.

KA : La bourse inclut le logiciel ArcGIS, des livres, de la formation et des occasions de réseautage. Quels logiciels et ressources avez-vous utilisés grâce à la bourse ou lesquels comptez-vous utiliser?

BW : En fait, j’ai l’intention de tout utiliser! Que ce soient les conférences, les webinaires et les cours en lignes, la formation dirigée par un instructeur, les manuels, les logiciels, bref, tout!

Les webinaires, les manuels et les abonnements aux cours sont particulièrement utiles pour renforcer mes compétences en SIG dans des domaines dans lesquels je dois m’améliorer. Les conférences des utilisateurs d’Esri Canada constituent d’excellentes occasions de réseautage que je compte certainement utiliser si je suis au Canada à ce moment-là. Je vais à l’étranger plusieurs fois par année pour mes recherches, et malheureusement je serai en déplacement au moment où la plupart des conférences ont lieu dans ma région.

La licence ArcGIS (et ses extensions pertinentes) était ma principale motivation pour déposer ma demande de bourse. J’utilise ArcGIS d’une manière ou d’une autre dans tous mes projets actuels, et obtenir la licence à vie a vraiment été une récompense exceptionnelle!

KA : En quoi la bourse vous a aidé ou vous aidera dans l’avenir?

BW : En plus d’être fier de bénéficier de cette reconnaissance, la bourse va augmenter la quantité de ressources dont je pourrai disposer. Les étudiants diplômés ne possèdent généralement pas suffisamment d’argent pour acheter des licences, etc.! C’est pourquoi, d’un point de vue financier, cette bourse m’a permis d’accéder à des ressources auxquelles je n’aurais pas pu accéder autrement. De plus, cette reconnaissance représente bien plus qu’une simple fierté. Elle m’offre également des occasions de réseautage extrêmement précieuses et une exposition pertinente à un plus grand nombre d’utilisateurs du SIG.

KA : Pouvez-vous me parler d’un projet dans lequel vous utilisez la technologie d’Esri?

BW : Actuellement, j’utilise la technologie Esri pour évaluer les modèles d’établissement humains au cours de la période néolithique (de 6200 à 4900 av. J.-C.) dans la vallée de la rivière Struma, en Bulgarie. La période néolithique se caractérise par l’émergence de l’agriculture dans la région, et la vallée de la rivière Struma forme la principale artère de communication grâce à laquelle les premières pratiques agricoles se sont répandues de la mer Égée à l’Europe tempérée.

J’utilise une approche de modélisation des niches écologiques afin d’examiner quels facteurs environnementaux peuvent avoir influencé la façon dont les communautés néolithiques ont choisi le lieu de leur établissement. J’effectue principalement une évaluation diachronique des résultats en divisant mes analyses en modèles néolithiques ancien, moyen et final afin d’évaluer de manière plus approfondie l’évolution des modèles d’établissement au fil du temps et, si possible, en connaître la raison. Le principal objectif de ces recherches est de mieux comprendre en quoi les changements au niveau des modèles d’établissement ont eu des répercussions sur l’évolution culturelle des communautés néolithiques de la région (ou vice versa), mais ces modèles peuvent également servir à prédire la localisation de nouveaux sites archéologiques. J’utilise ArcMap afin de préparer et de compiler les différents ensembles de données (variables environnementales, variables de terrains, variables de couverture terrestre, localisation des sites néolithiques, etc.) en vue d’effectuer des analyses qui seront ensuite exportées et utilisées dans le logiciel R pour obtenir des statistiques, ainsi que dans MaxEnt.

Variables climatiques et variables de terrain utilisées dans les analyses des modèles d’établissement au cours des périodes néolithiques anciennes, moyennes et finales, dans la vallée de la rivière Struma, en Bulgarie.

KA : Travaillez-vous sur d’autres projets?

BW : Mon projet avancé d’études de premier cycle comprenait le développement d’une géodatabase relationnelle-objet intégrée destinée à la documentation des fouilles archéologiques en contexte. En bref, j’utilise ArcGIS comme moyen de créer un système de base de données harmonisé pour les fouilles archéologiques qui peut regrouper tous les ensembles de données recueillies lors des fouilles archéologiques. Mes efforts m’ont valu la fonction de chercheur actif au sein de l’équipe de fouilles sur le site néolithique d’Ilindentsi-Masovets, en Bulgarie, où je continue à approfondir ce projet en vue d’une publication. De plus, je m’essaie à la production de modèles 3D d’unités de fouille à Tell Yunatsite, en Bulgarie, avec l’intention d’intégrer cette méthode au sein du plus vaste système de base de données pour les fouilles.

KA : Pensez-vous que les compétences en SIG sont nécessaires dans le domaine archéologique?

BW : Je crois que les SIG offrent une approche unique permettant de mieux aborder certains types de problèmes archéologiques, et à cet égard, les applications SIG se sont avérées utiles à maintes reprises. Je pense donc que choisir une spécialisation en applications SIG présente un potentiel énorme pour l’archéologie.

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