Quoi que vous en pensiez, la sécurité publique a toujours été géocentrique

September 11, 2018

Dans une entrevue sur le thème du service 9-1-1 de prochaine génération (9-1-1PG) réalisée il y a quelques semaines, on m’a demandé de commenter l’énoncé suivant : « La sécurité publique devient géocentrique, et beaucoup de gens ont peur de ce terme. » J’étais quelque peu perplexe. Après tout, la sécurité publique a toujours été géocentrique.

Peu importe l’incident, un appel au 9-1-1 provient d’une personne située quelque part qui signale une situation d’urgence quelque part. L’appel est pris en charge au centre de répartition, qui est également situé quelque part, et les services d’urgence appropriés sont dépêchés sur les lieux de l’urgence. Comme vous pouvez le constater, l’emplacement (la géographie) a été et sera toujours au cœur de la sécurité publique. Il n’y a rien de nouveau. Ce qui est nouveau cependant, c’est la façon dont la sécurité publique tire parti de The Science of Where pour compter sur une intelligence accrue, améliorer la sécurité des citoyens et fournir des services de manière plus efficace.

Partout au Canada, les services 9-1-1 sont à un tournant de leur histoire qui atteindra bientôt 50 ans. Les améliorations technologiques et le besoin de compter sur une localisation plus précise sont au cœur de cette évolution historique, qui voit s’opérer une transition des anciennes bases de données de localisation 9-1-1 sous forme tabulaire vers des capacités reposant sur un système d’information géographique (SIG), qui permet d’acheminer avec précision les appels d’urgence au centre d’appels d’urgence approprié. Véritable extension logique, le SIG est perçu comme un élément de solution vital et une exigence essentielle d’un service 9-1-1PG opérationnel. La demande pour des données de localisation fiables, précises et à jour est sur le point d’atteindre un nouveau sommet. En fait, la National Emergency Number Association, (NENA, soit l’association nationale des services de numéros de secours) fait une campagne publique dont la traduction pourrait être « Une aide d’urgence. En tout temps, en tout lieu et sur tout type d’appareil. »

Depuis des décennies, les organismes de sécurité publique recueillent et tiennent à jour des données de localisation sous forme tabulaire pour alimenter les bases de données d’affichage automatique de l’adresse (AAA) et celles du répertoire principal des adresses du système 9-1-1 en place. Les données conservées sont détaillées au niveau de la rue sur la base de limites et de réseaux routiers particuliers et en comptant sur une certaine interpolation pour obtenir des informations sur les adresses. Malheureusement, ces données sont trop souvent conservées par plusieurs entités (administrations municipales, entreprises de services locaux titulaires [ESLT], centres téléphoniques de sécurité publique [CTSP] primaires et secondaires, organismes externes, etc.) dans les mêmes secteurs géographiques (voir la figure 1).

Figure 1. Flux de travaux actuel typique des données SIG pour le 9-1-1. En général, les centres téléphoniques et les fournisseurs de services procèdent à l’agrégation des données de manière isolée les uns des autres. Dans de nombreux cas où il n’existe pas d’agrégateur provincial unique, plusieurs centres téléphoniques procèdent aux mêmes tâches d’agrégation des données.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) exige que les bases de données d’affichage automatique de l’adresse (AAA) et celles du répertoire principal des adresses soient tenues à jour par l’ESLT en vertu d’un contrat avec chaque CTSP, mais la façon de procéder varie d’un bout à l’autre du pays. Dans de nombreux cas, l’agrégation des données réalisée par ces fournisseurs se fait indépendamment du même travail effectué aux CTSP ou effectué pour ces derniers ou pour d’autres organismes dans le but d’alimenter les systèmes de répartition assistée par ordinateur (RAO). Il en résulte un important dédoublement des efforts pour mettre à jour les données. De plus, chacun utilise des versions différentes et personne ne travaille à partir des mêmes données faisant autorité. Sous l’angle de l’intervention d’urgence, cela représente un risque important.

Le service 9-1-1PG, quant à lui, s’appuiera directement sur des services SIG pour identifier, valider et acheminer avec précision un emplacement d’appel au 9-1-1 vers le CTSP approprié grâce à diverses fonctions de géotraitement en arrière-plan. Le CTSP compte sur des services SIG pour afficher de manière précise l’emplacement géographique de l’appel, et la fonctionnalité SIG de la RAO indique les services d’urgence disponibles à l’emplacement de l’appel.

Au fur et à mesure que les organisations procèdent à la migration de leurs bases de données tabulaires vers des bases de données géographiques prenant en charge le service 9-1-1PG, un lot de processus et de procédures bien définis doit être suivi, et nous (la communauté SIG) avons un rôle important à jouer pour nous assurer que tout le monde travaille à partir des mêmes données faisant autorité. Pour soutenir efficacement le 9-1-1PG, il est essentiel que :

  1. Les données requises soient mises à jour et entretenues sur une base continue à la source faisant autorité;
  2. L’agrégation découlant des transactions soit effectuée par l’autorité responsable du 9-1-1 dans le cadre d’un effort de collaboration concerté à l’échelle nationale sur l’échange de données ouvertes.

Par « autorité responsable du 9-1-1 », je fais référence à des entités comme NB 911 (Nouveau-Brunswick 9-1-1). NB 911 est un organisme provincial responsable de la coordination et de l’agrégation des données SIG pour le 9-1-1PG à partir de sources faisant autorité (p. ex., les administrations municipales). Grâce à la technologie Esri et à GeoFoundation Exchange (GFX), NB 911 peut réaliser efficacement le contrôle de la qualité, la transformation et l’agrégation des données SIG provenant de nombreuses sources faisant autorité. Ensuite, l’autorité responsable du 9-1-1 diffuse les données auprès des ESLT, des CTSP primaires et secondaires, des organismes et autres. Elle peut le faire plus souvent, en s’assurant que les données utilisées lors de la prestation des services d’urgence sont les plus exactes possible (voir la figure 2).

Figure 2. Proposition de gestion ou de flux de données du service 9-1-1PG en tirant parti de GFX comme mécanisme d’échange des données requises.

La force du modèle de gestion de données ci-dessus est qu’en plus de simplifier le flux de données et d’éliminer les répétitions, il permet à tout le monde, de l’ESLT jusqu’à l’intervenant qui consulte une carte dans un véhicule d’urgence, de travailler à partir des mêmes données faisant autorité, et ce, grâce au concours d’une autorité responsable du 9-1-1.

GFX est une infrastructure nationale et collaborative d’échange de données ouvertes qui permet d’alimenter en données fiables et précises un fond de carte géographique. Ce programme a pour objectif de simplifier la coordination et la modernisation de la cartographie canadienne de base. Le programme GFX fait appel à des services infonuagiques novateurs pour coordonner les efforts des créateurs des fonds de carte officiels. L’efficience, la rentabilité et la réactivité des activités de cartographie de base s’en trouvent améliorées.

Enfin, j’ai l’honneur de participer au forum ouvert national du Groupe de travail Services d’urgence (GTSU), qui est composé principalement de fournisseurs de services de télécommunications, d’ESLT, de CTSP et de spécialistes des services 9-1-1 et dont l’objectif est de résoudre les problèmes techniques et opérationnels liés à la prestation des services 9-1-1PG au Canada. Ces gens sont parmi les personnes les plus intelligentes et les plus dévouées que j’ai eu le privilège de côtoyer. Leur travail englobe la recherche, le recensement des éléments de détail et des tâches touchant la transition vers le 9-1-1PG et l’élaboration d’un plan de transition en collaboration avec les différents organismes provinciaux, territoriaux et municipaux.

Forte de sa vaste connaissance de ce secteur et de sa portée considérable dans les marchés municipaux, régionaux et provinciaux, Esri Canada participe à cet effort en aidant à évaluer la somme de travail requise en matière de SIG pour assurer la mise en œuvre des normes de la NENA sur les adresses et la cartographie du service 9-1-1PG. Grâce au travail et à l’engagement de l’ensemble du Groupe de travail Services d’urgence, la population canadienne sera mieux servie par un service 9-1-1 de prochaine génération qui tire efficacement parti de The Science of Where.

Si vous avez une question ou une remarque sur le service 9-1-1PG, laissez-moi un commentaire ci-dessous ou visitez notre kiosque lors du douzième atelier canadien sur l’interopérabilité en matière de sécurité publique (GICTI-12), qui se tiendra du 2 au 5 décembre 2018 à Toronto.

Ce billet a été écrit en anglais par David Hamilton et peut être consulté ici.

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