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Pourquoi les SIG doivent être au cœur de l’urbanisme

Pour un pays qui ne cesse de clamer haut et fort qu’il accorde la priorité au logement, le Canada ne semble pas utiliser tous les outils à sa disposition. Les équipes chargées des systèmes d’information géographique (SIG) et de l’urbanisme doivent renforcer leur collaboration et travailler de concert afin que l’urbanisme ne soit pas relégué au second plan. Les initiatives d’urbanisme ne devraient pas être considérées comme secondaires par les équipes SIG : l’utilisation des SIG en urbanisme est une nécessité stratégique.

L’autre jour, un collègue du service SIG m’a demandé : « Penses-tu que ce soit une bonne idée de détourner l’attention des analystes SIG municipaux en leur confiant des tâches pour l’équipe d’urbanisme alors qu’ils ont d’autres priorités? »

J’en suis restée bouche bée. Cela sous-entend-il que l’urbanisme ne devrait pas être une priorité pour les équipes SIG? Que l’utilisation des SIG en urbanisme serait, d’une certaine façon, moins essentielle, moins valorisante ou moins importante que dans d’autres secteurs?

Pourquoi les urbanistes n’auraient-ils pas accès aux outils, aux solutions et aux flux de travaux qui leur permettraient d’avoir une vision d’ensemble, de travailler plus efficacement et de créer de meilleurs quartiers?

Bien sûr, il est possible de mener des activités d’urbanisme et d’aménagement communautaire sans recourir aux SIG ou à d’autres technologies. On procède ainsi depuis des millénaires. Il est également possible de subir une intervention chirurgicale dentaire sans anesthésie. Mais ce n’est pas parce qu’on peut faire quelque chose « comme ça s’est toujours fait » qu’on doit nécessairement le faire ainsi.

Même si la question de mon collègue m’a un peu blessée, elle reflète bien la transformation que traversent ces deux secteurs.

S’il existe indéniablement une demande pour des spécialistes des SIG capables d’effectuer des tâches très techniques et avancées dans leur domaine, on constate également une demande croissante pour des personnes qui maîtrisent les SIG tout en possédant une connaissance approfondie d’un autre secteur d’activité ou domaine de spécialité. Par exemple, les SIG sont particulièrement bien intégrés au secteur des services publics, où des analystes qui comprennent les besoins et les enjeux du domaine les utilisent pour effectuer des analyses et des modélisations, et pour prendre des décisions mieux éclairées.

L’urbanisme évolue également. Les cartes dessinées à la main et les fichiers PDF contenant des règlements de zonage statiques, qui ne correspondent pas tout à fait aux routes et aux parcelles, sont désuets et tendent à disparaître (quoique pas aussi rapidement qu’on pourrait l’espérer). Les outils du passé ne suffisent plus à répondre aux objectifs de croissance et aux besoins actuels des communautés. En urbanisme, tout est lié à l’emplacement; il est donc tout à fait logique d’intégrer les SIG aux flux de travaux des services d’urbanisme.

Une image représentant une ancienne carte des continents et des routes commerciales.

Les cartes dessinées à la main sont en train de disparaître, mais lentement.

Partout au Canada, des villes, des municipalités, des districts, des régions, des provinces et des territoires mènent un travail d’urbanisme remarquable grâce aux SIG. Partout au Canada, les SIG contribuent à renforcer les projets d’urbanisme, qu’il s’agisse de créer des jumeaux numériques, de modéliser la croissance future, de s’adapter aux changements climatiques ou d’en atténuer les effets, ou encore de produire des rapports et de communiquer des résultats.

Alors, si ces deux secteurs évoluent et se rapprochent de plus en plus, pourquoi ne considérons-nous toujours pas l’urbanisme comme une priorité pour les SIG? Pourquoi est-il considéré comme une distraction par rapport à d’autres projets SIG plus traditionnels?

Malheureusement, je n’ai pas de bonne réponse à cette question.

C’est particulièrement frustrant du point de vue de l’équité. La plupart des municipalités canadiennes utilisent des outils SIG dans le but, sans doute prioritaire, de dégager une meilleure compréhension spatiale et d’accroître leur efficacité, ce qui leur permet de bâtir des communautés meilleures, plus solides et plus résilientes. Si les équipes d’urbanisme n’ont pas accès aux mêmes outils, elles passent à côté de données spatiales et d’analyses précieuses qui pourraient leur faciliter la tâche.

L’intégration des SIG aux flux de travaux d’urbanisme ne se limite pas à la simple production de cartes illustrant les politiques en la matière. Elle présente de nombreux avantages pour l’ensemble de l’équipe :

  • scénarios et plans de croissance permettant de répondre de manière mesurable à la demande de logements;

  • représentations graphiques de la densité admissible et des aménagements proposés favorisant une participation plus éclairée de la communauté et du conseil municipal;

  • rapports et indicateurs plus faciles à produire pour le maire, les résidents et la province, afin de les aider à mieux comprendre les projets résidentiels en cours;

  • capacité de mettre en valeur les réussites en matière de logement et les projets d’avenir.

Mais surtout, elle permet au service de l’urbanisme d’être sur la même longueur d’onde que les autres équipes municipales.

Carte numérique avec des repères.

Lorsque toutes les politiques d’urbanisme peuvent être géoréférencées, il est plus facile d’assurer la coordination avec toutes les équipes municipales.

Ainsi, le plan communautaire officiel s’harmonise avec les plans d’infrastructure, ce qui permet de prévoir adéquatement les installations et services requis dans les nouveaux quartiers et les projets de densification. 

Les équipes chargées des transports peuvent alors déterminer où doivent être aménagées les nouvelles lignes d’autobus et les nouvelles voies cyclables afin que la population puisse se rendre au travail. 

La commission scolaire peut également cerner les tendances de croissance démographique afin de construire des écoles à distance de marche des jeunes familles. 

L’équipe de développement économique peut, quant à elle, s’assurer que les emplois qu’elle contribue à créer pourront être occupés par des personnes vivant dans la communauté et participant à la prospérité économique de la municipalité. 

J’ai rencontré des équipes d’urbanisme qui utilisent les SIG et qui accomplissent un travail remarquable pour bâtir un avenir solide pour les résidents. 

J’en ai rencontré d’autres qui tirent leurs données et leurs cartes de dossiers stockés dans SharePoint. J’ai aussi rencontré des fournisseurs régionaux de logements abordables qui assurent le suivi de leur parc de logements dans Salesforce. Et j’ai rencontré des équipes d’urbanisme qui ont dû annuler d’importants projets de logement en raison d’un manque d’infrastructures. 

Pour un pays qui ne cesse de clamer haut et fort qu’il accorde la priorité au logement, le Canada ne semble pas utiliser tous les outils à sa disposition. Les équipes chargées des SIG et de l’urbanisme doivent renforcer leur collaboration et travailler de concert afin que l’urbanisme ne soit pas relégué au second plan. Les initiatives d’urbanisme ne devraient pas être considérées comme secondaires par les équipes SIG : l’utilisation des SIG en urbanisme est une nécessité stratégique. 

Vous souhaitez discuter de la façon de bâtir une équipe d’urbanisme qui tire pleinement parti des SIG? Prenez un rendez-vous téléphonique avec moi ici.

Ce billet a été écrit en anglais par Katharine Stanbridge et peut être consulté ici.