9-1-1PG : un ensemble complet de données est requis

July 25, 2019

Comme nous l’avons expliqué dans le premier billet de blogue de cette série (9-1-1PG ajoute des SIG à ses cartes), le service 9-1-1 de prochaine génération vise à remplacer le réseau téléphonique 9-1-1 analogique existant par une architecture numérique sur protocole Internet (IP). Le service 9-1-1PG permettra aux professionnels de la sécurité publique de recevoir des « appels » 9-1-1 à partir de n’importe quel appareil numérique ayant accès à Internet. Dans le deuxième billet (9-1-1PG : un facteur de changement majeur en matière de sécurité publique), nous avons parlé de la manière dont les SIG deviendront une composante essentielle du service 9-1-1PG. Dans le présent billet de blogue, Holly Barkwell, directrice régionale pour le Canada de la National Emergency Number Association (NENA, l’association nationale des services de numéros de secours), explique pourquoi le service 9-1-1PG nécessite un ensemble complet de données SIG pour bien fonctionner.

Pour acheminer les appels vers le centre d’appels de la sécurité publique (CASP)1 approprié, le système 9-1-1 actuel utilise une base de données du répertoire d’adresses municipales principal (RAMP)2 ou du répertoire d’adresses municipales (RAM) pour les appels par ligne terrestre, et l’adresse de la tour cellulaire pour les appareils mobiles. Lorsqu’un appel entre, l’opérateur du CASP voit l’emplacement de l’appelant (avec l’adresse municipale associée à la ligne terrestre, ou selon un calcul basé sur la triangulation ou l’emplacement de la tour cellulaire pour les appareils sans fil) sur son système de cartographie. Il confirme l’emplacement et le type d’urgence, puis les répartiteurs utilisent l’emplacement de l’incident confirmé pour gérer l’intervention.

Vous conviendrez certainement que le calcul de l’emplacement des appels sans fil est un problème important pour les services d’urgence. Puisque l’emplacement d’un appareil sans fil doit être calculé (ce n’est pas le lieu exact), les opérateurs doivent prendre le temps de confirmer où se déroule l’incident (voir l’image ci-dessus). Cependant, une fois la transition vers le système 9-1-1PG terminée, les CASP disposeront d’un ensemble de données bien plus riche, avec les coordonnées géographiques des appareils sans fil, ce qui permettra d’obtenir des résultats extrêmement précis. Par contre, si les données SIG qui alimentent le système 9-1-1PG sont incomplètes de quelque façon que ce soit, les appels pourront quand même être acheminés vers le mauvais CASP ou la confirmation de l’emplacement pourra retarder l’intervention.

Ce nouveau processus de détection de l’emplacement accélérera grandement le système d’intervention d’urgence, mais nécessitera également des données SIG à jour et complètes.

Bien que les organismes de sécurité publique tirent parti des données spatiales depuis plusieurs années, leur dépendance envers ces données prendra une nouvelle importance à l’arrivée du service 9-1-1PG. À tel point que l’efficacité du système de sécurité publique dépendra directement de la qualité des données SIG. En prévision de ce besoin, le Groupe de travail Services d’urgence (GTSU) élabore des spécifications et des pratiques de gestion exemplaires des données SIG qui alimenteront le service 9-1-1PG. Trois catégories générales ont été proposées : obligatoire, fortement recommandé et recommandé. Plus tard cet été, le GTSU doit soumettre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)3 ses recommandations provisoires relatives au contenu des SIG et aux spécifications des normes. Lorsque le Conseil publiera sa réponse au rapport provisoire, nous vous fournirons plus de détails sur les normes à suivre et sur le modèle de données SIG requis pour le Canada.

Intégrité des données

Actuellement, les erreurs de données (tranches d’adresses, routes ou autres données manquantes) sont détectées et résolues durant les étapes de création et de maintenance du RAMP/RAM. Toutefois, avec le service 9-1-1PG, le RAMP/RAM sera tôt ou tard remplacé par une fonction d’acheminement des appels basée sur des données géospatiales, avec un accès direct aux données des SIG. Par conséquent, l’intégrité des données SIG est cruciale. Vous vous demandez peut-être ce que l’on entend par « intégrité des données »? Voici un aperçu de ce que cela implique :

  1. aucune lacune de couverture;
    • dans le tracé du réseau routier,
      • Dans les zones rurales ou reculées, les routes d’accès aux ressources servant à des activités telles que l’exploitation forestière et minière sont également requises.
    • entre les zones de services d’urgence (limites des CASP, de la police, des pompiers ou des services médicaux d’urgence). 
      • L’administration municipale ou les services d’urgence indiquent habituellement les limites des CASP et des zones de services d’urgence. Les lacunes doivent être prises en charge si des zones du CASP d’une administration municipale jouxtent les zones de ses voisins (connais ton voisin!).
  2. aucune tranche d’adresses manquante ou incorrecte;
  3. respect du niveau de contenu minimal (requis) défini par le GTSU.

Comme c’est le cas pour le service 9-1-1 actuel, les tracés de rues avec leurs attributs et leurs tranches d’adresses formeront le pilier du service 9-1-1PG. Dans certains cas, il se peut que les administrations municipales ne fournissent pas l’ensemble des « routes » au service 9-1-1 (par exemple, les routes de construction, les chemins privés, les parcs d’affaires et les campus). S’il y a un passage pour véhicules ou une voie d’accès pour piétons, le service 9-1-1 et les services d’intervention d’urgence devront en être informés.

L’imagerie et la carte ci-dessous (sources de données ouvertes) montrent des changements qui ne figurent pas dans l’ensemble de données existant du réseau routier de l’administration municipale. Dans le cas d’une urgence, imaginez l’impact que cela pourrait avoir sur l’efficacité de l’intervention d’un organisme de sécurité publique!

Données connexes pour le système 9-1-1PG

Les préposés aux appels et les répartiteurs des CASP voient seulement un point sur une carte pour représenter l’emplacement d’un appel. Par conséquent, les répartiteurs et les intervenants ont besoin de données SIG connexes pour mieux comprendre l’emplacement et la nature de l’appel au 9-1-1. Ces renseignements connexes aident à confirmer et à préciser l’emplacement de l’urgence, et fournissent plus de contexte au répartiteur. Cela peut comprendre des points d’adresse, des images satellitaires ou aériennes, les contours des bâtiments, des données hydrologiques, des formes de relief et des parcelles de terrain. 

N’oubliez pas que, dans bien des cas, ces données connexes ne font présentement pas partie de l’ensemble de données de base du 9-1-1. C’est pourquoi il faut de nouvelles procédures pour que le fournisseur de données autorisé transmette ces renseignements aux CASP et aux intervenants.

Pour résumer, avoir accès à un ensemble complet de données normalisées permet d’optimiser le système d’intervention d’urgence, ce qui contribue à protéger des biens et à sauver des vies. Les processus et les données SIG joueront un rôle de plus en plus important dans le déploiement du service 9-1-1PG. Si certaines données sont manquantes, incomplètes ou inexactes, cela risque de retarder la localisation des appelants et l’intervention rapide en cas d’urgence. Ainsi, les spécialistes des SIG de tous les niveaux devront s’assurer que leurs données respectent ou dépassent les normes nationales. Dans de futurs billets de blogue, nous détaillerons ces normes au fur et à mesure qu’elles seront publiées, nous aborderons des façons de prévenir des problèmes de données et nous illustrerons, à l’aide d’études de cas, comment d’autres organismes se conforment à ces nouvelles exigences.

À suivre!

Ce billet a été écrit en anglais par David Hamilton et peut être consulté ici.

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CASP – Centre d’appels de la sécurité publique (un centre chargé de recevoir les appels d’urgence au 9-1-1). On compte actuellement 292 CASP au Canada.

2 RAMP – Répertoire d’adresses municipales principal (une base de données recoupant les numéros de téléphone et les adresses ainsi que la zone de service du CASP).

CRTC – Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (l’organisme canadien de réglementation des fournisseurs de services de télécommunications à l’échelle nationale). Le GTSU formule des recommandations au CRTC afin d’assurer la réussite du déploiement du service 9-1-1PG au Canada (https://crtc.gc.ca/cisc/fra/cisf3e4.htm).

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