Une carte récit illustre le succès d’un projet visant la qualité de l’eau de la rivière à Simon

July 10, 2017

Les cartes récits sont uniques parce qu’elles permettent de présenter une variété d’informations textuelles et visuelles. C’est pourquoi elles constituent un excellent moyen de communiquer dans le contexte des initiatives de sensibilisation et d’avancement des causes. Audrey Beaudoin-Arcand, chargée de projet à Abrinord, explique comment les cartes récits facilitent la diffusion de l’information sur les projets environnementaux, leur raison d’être, leur incidence et les efforts de collaboration nécessaires pour les soutenir.

Le Canada dispose d’un cinquième de la réserve mondiale d’eau douce, avec plus de deux millions de lacs, fleuves et rivières répartis entre dix provinces et trois territoires. Ces masses d’eau et ces bassins hydrographiques jouent un rôle d’importance dans le quotidien des communautés des différentes régions. Ils font partie intégrante de l’histoire, de l’économie et de la culture des gens, en plus de conditionner la santé des écosystèmes.

Au Canada, la vie de plus de 22 millions de personnes s’organise autour de bassins fluviaux ou versants. Toutefois, peu de personnes réalisent à quel point sont importantes la conservation et la salubrité des réserves d’eau douce. Bien des gens tiennent les ressources en eau pour acquises, inconscients du fait que seulement 6,5 pour cent de ces ressources sont renouvelables. Par chance, des organisations comme Abrinord viennent à la rescousse.

Abrinord est un des plus importants organismes de bassins versants du Québec, responsable de planifier et de coordonner la gestion intégrée de l’eau dans la zone de la rivière du Nord. Abrinord constitue également une table de concertation à laquelle participent 38 municipalités et une réserve des Premières Nations dans les Laurentides, en vue d’élaborer un Plan directeur de l’eau. Pour remplir son mandat et mobiliser les intervenants – notamment les municipalités, les résidents, les communautés autochtones et d’autres instances –, Abrinord a décidé d’utiliser les cartes récits d’Esri pour faciliter les communications au sein de son comité et avec le public.

N’ayant jamais visité les Laurentides auparavant, j’ai été intriguée par l’application de carte récit à externalisation ouverte que j’ai vue sur le site d’Abrinord.

Carte récit à externalisation ouverte – Projet lié à la qualité de l’eau de la rivière à Simon

Audrey Beaudoin-Arcand, chargée de projet à Abrinord, explique comment les cartes récits facilitent la diffusion de l’information sur les projets environnementaux, leur raison d’être, leur incidence et les efforts de collaboration nécessaires pour les soutenir. Les cartes récits sont uniques parce qu’elles permettent de présenter une variété d’informations textuelles et visuelles. C’est pourquoi elles constituent un excellent moyen de communiquer dans le contexte des initiatives de sensibilisation et d’avancement des causes. Découvrez comment elles illustrent le succès d’Abrinord et de son projet de bassin versant de la rivière à Simon.

Roma Rana : Pourquoi avez-vous choisi de vous occuper du bassin de la rivière à Simon?

Audrey Beaudoin-Arcand : Le bassin de la rivière à Simon offre un magnifique paysage recouvert de vastes zones humides qui favorisent la santé écologique de son habitat. Ce bassin s’est bâti une excellente réputation auprès des adeptes du tourisme nautique. Les résidents et les visiteurs s’y adonnent à toutes sortes d’activités récréatives, par exemple la natation, le kayak ou la pêche. Au fil des années, nous avons constaté que l’échantillonnage de l’eau de la rivière montrait la présence de coliformes fécaux à certaines périodes de l’année. Il est devenu nécessaire de prendre des mesures pour éduquer le public ainsi que pour contrôler ces concentrations de coliformes dans l’eau. Je savais qu’une carte récit faisant appel à la participation de tous (externalisation ouverte) constituait le moyen par excellence d’informer et de sensibiliser le public.

RR : Quel rôle les cartes récits peuvent-elles jouer dans la gestion de l’eau?

AB-A : Les terres et l’eau représentent les principales ressources utilisées par la population dans la région. Vous ne pouvez pas les gérer avec succès sans l’aide des résidents et des planificateurs. Le fait d’amener les intervenants à s’engager est essentiel à une planification réussie de l’utilisation de l’eau et de la conservation de sa qualité. Notre plus grand défi consistait à trouver un moyen de communiquer avec les parties intéressées afin de les informer et de les convaincre d’entreprendre un plan d’action précis pour ce qui est du bassin versant de la rivière à Simon.

Nous avons décidé d’adopter une approche innovante pour ces communications. Avec ArcGIS, nous avons découvert que nous pouvions créer un outil visuel interactif qui servirait à diffuser l’information sous forme de cartes récits. Nous voulions faire plus que simplement fournir des renseignements. Nous souhaitions établir des liens avec les personnes qui vivent dans la région et profitent en premier de la rivière à Simon. Nous voulions rendre ces gens propriétaires de la rivière et les amener à agir en faveur de la qualité de l’eau et de la santé de l’habitat naturel. On n’offre pas de meilleurs outils que les cartes récits d’Esri pour atteindre ces objectifs. Celles-ci sont particulièrement utiles quand on réussit à persuader les citoyens d’ici, qui sont les véritables spécialistes de leur région, à collaborer aux activités de cartographie. L’externalisation ouverte aide à améliorer la qualité de l’information que nous recueillons et diffusons.

Les cartes récits peuvent également être utilisées comme outils de prise de décision. Elles donnent aux planificateurs et aux intervenants un aperçu de la situation qui les aide à fixer les priorités pour ce qui est de l’affectation de l’argent et des ressources. Par exemple, nous avons établi ce diagnostic qui se trouve dans le portrait de la rivière à Simon.

Diagnostic qui se trouve dans le portrait de la rivière à Simon, créé par Abrinord

RR : Quels défis avez-vous relevés?

AB-A : J’avoue franchement qu’il n’y avait rien de plus simple pour moi que de créer des cartes récits, parce que je travaille avec des logiciels SIG depuis pas mal de temps. À Abrinord, nous avons utilisé ArcGIS Pro et ArcGIS Online pour créer une carte récit interactive de la rivière du Nord. J’ai également acquis de l’expérience à utiliser les SIG comme outils de prise de décision en gestion des ressources naturelles au cours des années où je faisais une maîtrise en sciences géographiques. Tout cela m’a aidée. Le rendu des cartes 3D s’est avéré un peu plus difficile, ainsi que l’intégration de plusieurs outils d’ArcGIS Online dans le récit de la carte. J’ai perfectionné mes compétences par essais et erreurs et en me servant du portail d’assistance en ligne d’Esri.

RR : Parlez-nous des résultats obtenus grâce à cette carte récit.

AB-A : Elle a vraiment plu aux membres du comité, qui sont nos principaux intervenants. Elle a joué un rôle mobilisateur important qui a incité les partenaires communautaires à prendre en charge les enjeux et à investir davantage dans les projets entourant le bassin versant.

En outre, nous n’avons plus besoin de dépenser notre énergie ni à épuiser nos ressources à tenter de faire comprendre aux intervenants les problèmes qui touchent les bassins hydrographiques : la carte récit est explicite et interactive. Les gens aiment ce qu’ils voient et se font dorénavant parties prenantes de leurs terres et de leur eau.

RR : Vous avez eu du succès avec cette carte récit parlant du projet de la rivière à Simon. Quelles sont les prochaines étapes?

AB-A : Nous devons partager cette carte avec autant de personnes que possible dans le bassin versant. Nous désirons également inviter les gens à profiter de cette carte participative en ajoutant leurs photos géolocalisées de cette belle rivière. Enfin, nous voulons rassembler toutes les parties intéressées sur cette plateforme unique de carte récit afin de promouvoir la responsabilité sociale et de sensibiliser les gens sur l’eau. Plus les résidents interagiront avec cette carte, plus ils parleront de la rivière et la prendront en charge. Ils contribueront ainsi plus efficacement à la qualité et à la santé de l’eau dans la région. Nous voulons créer un lieu de rassemblement virtuel pour toutes les personnes qui se préoccupent de l’eau et des ressources connexes dans cette partie des Laurentides. Tout le monde peut jouer un rôle dans la préservation de la qualité de l’eau grâce à cette carte interactive : les touristes, les amoureux de la nature, les militants de l’environnement, les propriétaires d’entreprises locales et les jeunes.

RR : Comment les autres organisations peuvent-elles bénéficier des SIG, en particulier de la technologie Esri, pour sensibiliser le public sur les problèmes de durabilité?

AB-A : Ces outils aident à diffuser l’information d’une manière conviviale, interactive et efficace. Les planificateurs et les responsables s’occupant de l’environnement peuvent également tirer parti de l’équipe multidisciplinaire d’Esri qui se consacre à développer des outils de géomatique. Le service personnalisé que j’ai reçu quand j’ai créé cette carte a vraiment été utile. Je savais que je n’avais pas à compter sur une seule personne en particulier. Esri abrite toute une communauté de développeurs et de spécialistes des SIG qui soutiennent la création et l’évolution de produits dans le domaine.

Ce n’est que le début à Abrinord. Je ne doute pas que nous continuerons à utiliser ArcGIS pour de nombreuses autres cartes récits interactives et collaboratives à l’avenir. C’est ce que je suggère à d’autres organisations qui travaillent à protéger les ressources naturelles au Canada. Si nous sommes équipés des bons outils et de la bonne technologie, le succès viendra beaucoup plus rapidement et sera plus durable.

Ce billet a été écrit en anglais par Roma Rana et peut être consulté ici.

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