L’Université Sainte-Marie publie une carte toponymique en langue des signes

February 14, 2017

L’Université Sainte-Marie a publié une carte toponymique des provinces de l’Atlantique en langue des signes. Découvrez comment les cartes récits d’Esri ont servi à surmonter les limites d’accessibilité des personnes sourdes.

Si vous vous demandez comment Saint John au Nouveau-Brunswick se distingue de St. John’s à Terre-Neuve-et-Labrador en langue des signes, vous pouvez consulter la nouvelle carte toponymique des provinces de l’Atlantique en langue des signes, publiée par l’Université Sainte-Marie.

La carte interactive montre les signes qui correspondent à des lieux du Canada atlantique — plus de 115 en tout — à la fois en langage des signes américain (ASL) et en langue des signes maritime (MSL). D’autres lieux seront ajoutés.

La carte est unique, car elle préserve le langage des signes américain, inspiré de la langue des signes française, et la langue des signes maritime, une langue régionale tirée de l’héritage des langues des signes irlandaise, écossaise et anglaise. La publication de cette carte survient à un moment crucial où les universités, les entreprises et d’autres organisations doivent s’efforcer d’améliorer leur accessibilité. (Pour découvrir comment le Canada a adopté les règles WCAG 2.0 comme norme pour l’accessibilité des contenus Web, lisez ce récent billet de blogue de George Kouroupis, directeur, Technologie et solutions d’Esri Canada.)

Et l’Université Sainte-Marie prend les rênes.

Linda Campbell, membre du projet et professeure en sciences de l’environnement, a eu l’idée de créer la carte en vue d’aider les personnes sourdes et les interprètes à nommer les lieux de quatre provinces : Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador. La carte, fondée sur le logiciel ArcGIS Online, devient un outil éducationnel efficace pour les interprètes, les éducateurs et les chercheurs partout au Canada et ailleurs à l’étranger.

En compagnie des autres membres du projet – Betty MacDonald (experte en langues des signes et leader des artistes sourds), Ashley Campbell (ASL-interprète en anglais) et Greg Baker (technicien au centre de recherche en analyse spatiale des Maritimes) –, Mme Campbell nous a présenté les grandes lignes du processus de création de la carte, ses avantages et les plans futurs.

Pourquoi avez-vous décidé d’utiliser les cartes récits d’Esri dans le cadre de votre projet?

Université Sainte-Marie : Utiliser le logiciel ArcGIS Online est beaucoup plus simple et facile qu’héberger une carte localement sur notre serveur ArcGIS ou d’autres solutions libres. La convivialité a sans aucun doute été un facteur décisif de la mise en œuvre.

Avez-vous éprouvé des difficultés pendant le développement de la carte récit? Si oui, comment les avez-vous surmontées?

Université Sainte-Marie : Nous avons eu à relever quelques défis. Le modèle Map Tour est restreint à une limite arbitraire de 100 noms de lieux, mais notre projet en compte plus. Nous avons donc créé une carte par province pour respecter cette contrainte. Nous avons aussi éprouvé des problèmes en raison du coût des sites Web d’hébergement vidéo, alors nous avons choisi YouTube.

Combien de temps a duré l’élaboration de la carte récit?

Université Sainte-Marie : Du concept à la réalisation, il a fallu presque un an. Par contre, la majorité du temps a été consacrée à la coordination entre les membres de l’équipe, de même qu’à la collecte de données et de matériel. En fait, inscrire l’ensemble de l’information dans les formulaires et personnaliser les cartes a été une tâche plutôt simple — environ une demi-journée.

Université Sainte-Marie : Map Tour incluaient tous les éléments dont nous avions besoin : la carte, un espace vidéo et un index à vignettes de tous les lieux. Le modèle correspondait aux besoins relatifs à nos données, à nos cartes et à notre histoire.

Quels ont été les commentaires des gens (citoyens et personnel) au sujet de la carte récit? Quels sont les avantages qu’elle a procurés au public et au personnel interne?

Université Sainte-Marie : Dans l’ensemble, la carte a été très bien reçue. Les personnes sourdes de l’ensemble des Maritimes sont allées en ligne consulter les noms. Les interprètes des langues des signes sont très heureux de pouvoir consulter une ressource toponymique fiable.

Ses avantages dépassent aussi les communautés des langues des signes. Les gens comprennent maintenant mieux l’héritage culturel de la langue des signes maritime et sa valeur réellement locale. Les géographes nous ont affirmé prévoir utiliser cette ressource afin d’enseigner et de démontrer l’importance de la toponymie. Les linguistes, les chercheurs et les enseignants en langues des signes la considèrent comme une référence précieuse pour l’analyse, l’enseignement et la conservation de nos noms de lieux en langues des signes maritime et américaine.

Quels sont vos projets à l’égard de la carte récit?

Université Sainte-Marie : Nous sommes actuellement en discussion avec nos collègues de Terre-Neuve-et-Labrador qui voudraient ajouter des noms en langue des signes aux cartes.

Bien que la base de données compte plus de 115 noms, nous sommes conscients qu’il peut y avoir certaines lacunes. Pour cette raison, nous encourageons les personnes sourdes de tout le Canada atlantique à nous informer lorsqu’elles définissent d’autres noms de lieux. Si certains sont valables, nous espérons les intégrer à ceux de Terre-Neuve-et-Labrador.

Nous espérons aussi que ce projet incitera d’autres provinces canadiennes à entreprendre des projets de cartes toponymiques en langue des signes semblables. Nous serions heureux de proposer des conseils et des liens pour arriver à cette fin.

Que pensez-vous de la carte toponymique en langue des signes des provinces de l’Atlantique? Écrivez-nous un commentaire à ce sujet ci-dessous.

Ce billet a été écrit en anglais par Anneliese Sanghara et peut être consulté ici.

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